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Les ancêtres / A l’aube du souvenir
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Jean et les autres
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La trop brève existence de Godele, le troisième
Gottfried Armin Krebs est
né à Mulhouse,
la veille de Noël 1912
à 11 h
30. Atteint de la diphtérie,
il décède
cinq ans
plus tard, le jour de Noël
1917, d’une déficience cardiaque après
une courte maladie
de 4 jours. En ces temps de guerre c'est en voiture
à
cheval qu'il avait été transporté,
dans le froid
hivernal, à l’hôpital où il
est
décédé.
On a quelques photos de la courte existence du
petit «Godele/Godélé/Gottfriedle».
Il
trône
à environ un an sur une peau d’ours. A trois ans,
il est
à nouveau photographié par le studio quasi
officiel de la
famille: Richard Adam, Schlumbergerstrasse 10, à Mulhouse.
Un
des clichés a dû être retiré
après la
guerre, car l’adresse est devenue entre temps: rue
Schlumberger.
Il a la même bouille ronde que ses
frères et sa soeur au
même âge. Il apparaît en 1917 en
compagnie de Hansi
et Robert, jouant avec une de ces petites carrioles qu’on
faisait
tirer par des chiens; la scène se place devant un portail de
fer
muni d’un impressionnant verrou, sans doute celui fermant la
cour
de la maison familiale. Il est également seul au
même
endroit, assis sur une petite chaise, comme s’il avait
été désigné par le destin.
Enfin, on le
voit allongé,
les mains croisées, dans la chapelle funéraire de
l’hôpital du Hasenrain,
le 30
décembre 1917.
Ses parents ont acheté pour 240
Marks, le 27 décembre, une concession trentenaire au cimetière protestant afin de lui faire
une place aux côtés de ses grands-parents. Ses
parents et son frère Robert seront inhumés
à ses côtés.
La
famille a conservé un exemplaire du Mülhauser
Tagblatt
du 28 décembre où a été
découpée l’annonce mortuaire,
conservée
à part. Le grand titre du journal à la une:
«Die
Antwort de Mittelmächte auf die russischen
Friedensbedingungen» [La réponse des puissances
centrales
aux propositions de paix de la Russie]. L’oncle du petit
Gottfried - Édouard Stoll - envoie le 1er janvier 1918 une
lettre de condoléances depuis le front. La guerre continue.
En
raison du traité de paix qui se prépare avec la
Russie,
Alfred Schmitt, le père de la future épouse de Jean,
vient d’être transféré du
front russe au
front occidental. Les tragédies
familiales
s’inscrivent
dans une tragédie plus vaste.
